Moi, Richard, un vieil homme de 80 ans, passionné de voyages et de beaux-arts, je vais vous raconter mon histoire ...
Mai 1865, c'était l'année de mes 42 ans. Je sortais d'une exposition d'art à Brighton près de Londres en Angleterre. Un homme d'environ 70-75 ans me fixait. Il me paraissait assez étrange. Il se tenait d'une façon peu commune, était habillé en noir avec une sorte de cape sombre par-dessus ses vêtements et était mal rasé. A coté de lui, par terre, se trouvait un vieux sac troué. Désormais, il s'avançait vers moi. Il me parla d'un tableau, un tableau qui était sans doute le plus beau qui existait et dont la valeur était in-estimée. Il m'avait dit que celui-ci se trouvait sur la petite île de Kern, dans un château. Il sortit de son sac une boussole ainsi qu'une carte. Cette dernière représentait le voyage qu'il fallait faire pour arriver à Kern. Selon lui, la boussole indiquait ce lieu dont je ne soupçonnais pas l'existence et ne se trompait jamais. Il me les tendit et partit. Je restais là, perdu dans mes pensées. Quand je revins à moi, j'aperçus une jeune femme ainsi que John, le fils d'Harry, mon frère aîné. La demoiselle avait une vingtaine d'années. Elle portait une longue robe beige qui lui allait à merveille. Elle avait de longs cheveux blonds et ondulés, un visage si fin, si délicat, des yeux couleur noisette et un magnifique sourire. Elle était d'une beauté rare. John avait 23 ans. C'était un homme robuste, de taille moyenne, aux cheveux et aux yeux bruns. Tout ce qui concernait la mer, les navires ou les pirates l'intriguait. Mon frère est malencontreusement mort un an au part avant dans un accident de travail. Depuis, John était devenu plus fragile et plus mystérieux. Je me dirigeai dans leur direction. John me présenta Elisabeth, sa fiancée. Je me décidai de leur parler de ce fameux tableau. Nous décidâmes de tenter l'aventure et de partir à la recherche de cet objet d'art.
.....Le soir venu, je retrouvai John et Elisabeth au port. Nous avions convenu de prendre le large. Nous embarquâmes dans un bateau isolé qui paraissait abandonné. Il n'était pas en parfait état mais selon John, il pouvait encore tenir quelques mois.
.....Le temps passait, Elisabeth s'était endormie, John était à la barre, étant le seul à savoir comment fonctionnent ces engins. Son père lui avait tout enseigné et lui avait transmit sa passion. Moi, je me demandais à quoi nous pouvions nous attendre en arrivant sur cette île. Je sentis le sommeil arriver, je décidai d'aller m'étendre dans ma cabine.
.....Je me réveillai aux premiers rayons de soleil. Je montai sur le pont, John et Elisabeth étaient là occupés à discuter. Je partis à leur rencontre avant de jeter un oeil sur la carte. Nous devions être à mi-chemin. La boussole me donnait l'impression qu'elle savait où elle nous emmenait. Etait-ce vrai qu'elle ne se trompait jamais? John m'appela pour m'apprendre à tenir la barre. Il fallait bien qu'il se repose, il n'avait pas fermé l'½il depuis notre départ.
.....A la fin de l'après-midi, le soleil avait disparu laissant place à un épais brouillard. J'essayais de tenir le cap quand j'entendis crier Elisabeth, elle se précipita vers moi et me dit qu'elle avait vu un morceau de terre. Elle avait crié tellement fort que John s'était réveillé et nous avait rejoins à toute vitesse. Nous regardâmes dans la direction qu'elle nous avait indiquée et à notre tour nous aperçûmes la terre. Au fur et à mesure que nous avancions, nous distinguions de plus en plus le paysage. Au bout d'un moment, nous touchâmes enfin la terre ferme. A première vue, cette île était déserte. Nous étions maintenant sur une plage, qui semblait s'étendre à des kilomètres. Nous choisîmes d'explorer les lieux en suivant la plage et les falaises.
.....Après une heure de marche, nous distinguions des formes devant nous. Le brouillard persistait et nous empêchait de bien voir. Mais en avançant, ces formes ressemblaient de plus en plus à des maisons. Cette supposition se confirma quelques minutes plus tard. Nous aperçûmes une femme et nous décidâmes de lui demander où se trouvait le château.
- Vous ne pouvez pas vous tromper, il n'y en a qu'un, c'est le château Kersaint. Il est au sud-est, près de la plage à environ 1h30 d'ici, nous avait-elle dit.
Elle avait rajouté
- Vous êtes inconscient mes amis ! Vous ne savez pas ce qui vous attend là-bas.
Malgré sa mise en garde, nous partîmes vers ce lieu, qui nous promettait bien des surprises ...